
Voeux - 2006Séance des 27 et 28 février 2006 Voeu de Danièle
POURTAUD Attribution de noms de femmes
scientifiques
Aujourd'hui, les femmes scientifiques ont toujours du mal à faire reconnaître leur droit à occuper les plus hautes places dans les organismes universitaires et de recherche et nous nous interrogeons régulièrement sur les moyens de susciter plus de vocations scientifiques chez les jeunes filles. Selon la même logique qui nous a guidés pour créer le Prix de la jeune scientifique parisienne, il serait donc particulièrement symbolique et exemplaire auprès des jeunes filles, que la Ville de Paris rende hommage à des femmes scientifiques remarquables en donnant leur nom à des rues ou des édifices parisiens en particulier dans le nouveau quartier universitaire de la ZAC Paris-Rive-Gauche. Les associations de femmes scientifiques et le Conseil Scientifique du Maire ont proposé plus de 30 noms. Si notre mandature souhaite réparer cette criante injustice, nous devrions au minimum honorer: - La première bachelière française diplômée
sous Louis Philippe le 31 août 1844 : Julie Daubié; Nous pourrions également citer quelques grandes scientifiques, dont les travaux réalisés en équipe, furent déterminants dans un grand nombre de découvertes pour lesquelles seuls les membres masculins eurent droit aux honneurs : - Nicole-Reine Lepaute (1722-1788) Elle a longtemps travaillé
aux Ephémérides de l'Académie des sciences. En
juin 1757, elle calcule avec Jérôme Lalande et le mathématicien
Alexis Clairaut le retour de la comète d'Halley prévu
pour la fin de l'année 1758 ou le début de 1759. Après
de longs mois de calculs, en novembre 1758, Clairaut annonce fièrement
à l'Académie royale des sciences que leurs calculs prévoient
un retour de la comète au périhélie du soleil pour
la mi-avril 1759. La comète passe au plus près du Soleil
le 13 mars. Clairaut peut alors publier sa Théorie des comètes
(Paris, 1760). Mais il "oublie" de mentionner le nom de Nicole-Reine
Lepaute dans la liste des calculateurs dont il a reçu une aide
déterminante. - Lise Meitner (1878-1968) physicienne allemande, prend une part décisive, avec les chimistes Otto Hahn et Fritz Strassmann à la découverte de la fission du noyau d'uranium dans les années 1934-1936. Parce que juive, elle doit fuir l'Allemagne nazie. Seule Otto Hahn sera récompensé par le prix Nobel de chimie en 1944. Elle aurait du y être associée. - Rosalind Franklin (1920-1958) physicienne-chimiste britannique, elle effectue des clichés de l'ADN d'une très grande qualité, détermine sa densité et découvre l'existence de la forme B compactée. Maurice Wilkins qui travaille avec elle, entre en contact avec James Watson et Francis Crick du laboratoire Cavendish. Il leur fournit un cliché de Rosalind Franklin grâce auquel les deux compères finalisent en 1953 le modèle de la double hélice. Ils obtiendront pour cette découverte, conjointement avec Maurice Wilkins, un prix Nobel en 1962. Rosalind Franklin sera oubliée. Sur proposition de Danièle Pourtaud, le Conseil de Paris émet le vu que les noms de ces femmes scientifiques soient donnés à des voies ou des édifices parisiens. |

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