Voeux - 2004
Séance des 10 et 11 mai 2004
Voeu de Patrick BLOCHE
et des élus du groupe socialiste et radical de gauche
Situation du groupe TATI
Depuis qu'au début du mois de septembre 2003 a été
annoncé le dépôt de bilan du groupe TATI, dans la
limite des prérogatives que lui accorde la loi, la municipalité
parisienne s'est engagée activement, en faveur d'un plan de sauvetage
de l'entreprise et de ses salariés.
Dès le premier jour, nous avons manifesté notre attachement
à ce que représente socialement et commercialement cette
enseigne emblématique du Paris populaire. Nous n'avons eu de
cesse de répéter que la disparition de ces magasins, gage
de mixité sociale au cur de notre Capitale, serait inconcevable.
Quant au coût social que représenterait la perte de 1.200
emplois dans toute la France, dont 800 à Paris, il est tout simplement
inacceptable.
Dès le 15 septembre 2003, une délégation de l'exécutif
municipal recevait les représentants des salariés. Parallèlement,
l'Adjoint au Maire en charge du commerce recevait M. Fabien Ouaki, actuel
PDG du groupe, pour entendre ses arguments et lui faire part des inquiétudes
de la Ville. Elle a pris également contact avec la présidente
du Tribunal de Commerce de Paris pour lui signifier la préoccupation
de la Municipalité.
Au même moment le Maire de Paris s'adressait par lettre à
M. François Fillon, Ministre des Affaires sociales, ainsi qu'à
M. Renaud Dutreil Secrétaire d'état au commerce afin de
rappeler toute l'importance que la municipalité parisienne attachait
à la résolution positive de ce dossier et de leur demander
ce que l'Etat entendait mettre en uvre pour atteindre cet objectif.
Pour toute réponse nous dûmes nous contenter de simples
accusés de réception, semblant marquer un manque d'intérêt
flagrant pour ce drame économique, social et humain.
Enfin, après le nouveau délai accordé par le Tribunal
de Commerce jusqu'au 2 juillet prochain pour proposer un plan de redressement
de la société, les salariés obtenaient du Tribunal
de Grande instance l'annulation de 39 licenciements proposés
par le comité central d'entreprises. L'exécutif municipal
recevait de nouveau le 12 mars dernier les représentants des
salariés du groupe TATI. Ce fut l'occasion pour la Ville de rappeler
les actions qu'elle avait entreprises et de réaffirmer sa résolution
à défendre TATI à Paris et en France. Mais ce fut
aussi l'occasion d'entendre l'inquiétude croissante, face à
l'absence de toute perspective, d'employés dont les conditions
quotidiennes de travail se dégradent.
En conséquence, le Conseil de Paris réaffirme ici son
refus de voir disparaître cette entreprise. Il tient également
à réaffirmer son soutien aux salariés qui, tout
en luttant pour la préservation de leur emploi, assurent chaque
jour dans des conditions difficiles la poursuite de l'activité.
Inquiet de voir chaque jour s'aggraver la situation financière
du groupe, sur proposition de MM. Patrick Bloche, Christophe Caresche,
Mme Annick Lepetit, MM. Daniel Vaillant, Jean Vuillermoz, Jacques Daguenet,
Mme Sophie Meynaud, M. Georges Sarre et les membres des groupes Socialiste
et Radical de Gauche, Communiste et MRC,
Emet le vu :
- que le Tribunal de Commerce propose dès que possible une
stratégie de redressement durable de cette société
en refusant tout dépeçage consistant à liquider
l'entreprise et à licencier le personnel pour céder ensuite
à des repreneurs les seuls actifs, notamment immobiliers, du
groupe ;
- que M. le Maire de Paris réinterpelle de nouveau l'Etat, en
s'adressant au nouveau gouvernement, afin de savoir comment il entend
uvrer dans ce dossier pour défendre l'emploi, nouvelle
priorité affichée par celui-ci, et préserver la
diversité de l'offre commerciale française face à
la concurrence des enseignes étrangères.
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