
Interventions - 2007Séance des 1er et 2 octobre 2007 Intervention de Colombe
BROSSEL, Plan Climat de Paris
Au-delà des questions structurantes comme les déplacements ou les bâtiments, qui constituent les principales sources d'émission de gaz à effet de serre à Paris et sur lesquelles ce Plan Climat apporte des réponses concrètes, il reste un espace, peut-être moins visible, mais tout aussi essentiel : celui de la commande publique. Car si la Ville de Paris compte jouer pleinement son rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique notamment par un plan d'action ambitieux sur son patrimoine, elle peut également y contribuer à travers une politique d'achat responsable qui prend en compte les préoccupations environnementales. A titre d'exemple, les achats de la Ville de Paris : Ces quelques ordres de grandeurs indiquent bien l'effet de levier que peut entraîner une démarche d'achat qui tient compte des exigences du développement durable.
a) Depuis 2001, la Ville de Paris est engagée dans une démarche d'achat responsable. Souci de François Dagnaud de privilégier, chaque fois que cela est possible, des produits correspondants à un haut degré d'éco-labellisation : recyclés, recyclables, économes, propres, etc. Cette pratique s'est généralisée :
Surtout, ce serait oublier que le but d'une action en faveur du développement durable n'est pas uniquement de minimiser les dégradations causées sur l'environnement mais aussi d'en tirer une plus-value en termes sociaux ou économiques notamment. Deux illustrations : a) La commande publique peut faciliter l'insertion par l'économie Depuis 2001, la réglementation des marchés publics reconnaît aux collectivités la possibilité de contribuer à l'insertion des personnes en grande difficulté avec l'introduction de clauses sociales. Cela incite donc les entreprises répondant aux appels d'offres d'employer des personnes en voie d'insertion. La Ville de Paris a décidé d'exploiter au mieux ce dispositif en élaborant, sous l'impulsion de Mireille Flam et Christian Sautter, un " guide de l'insertion par l'économie à travers la commande publique " destiné aux services de la Ville. Notre groupe est convaincu, qu'utilisée à son plein potentiel, cette mesure peut constituer un outil puissant pour insérer des personnes jusqu'alors éloignées de l'emploi (peut-être demander un bilan de ce dispositif en séance?)
Par ses choix, par les exigences qu'elle se fixe, la Ville de Paris peut jouer un rôle incitateur et, par exemple, influer sur l'évolution des modes de production mis en uvre par les industriels ou les agriculteurs et, de fait, favoriser le développement d'un marché de produits éco responsables. Le recours aux produits issus de l'agriculture biologique ou de proximité en est l'une des meilleures illustrations. - Au-delà des aspects nutritifs (absence de résidus de pesticides et une moindre teneur en nitrate des aliments), et au regard de l'agriculture intensive, l'agriculture biologique a un impact très positif sur l'ensemble des composantes de l'environnement : qualité des eaux, fertilité des sols, préservation de la biodiversité. - Les espaces agricoles au sein de notre région remplissent une fonction essentielle d'adaptation à la crise énergétique et au changement climatique qui passe notamment par le développement des produits de proximité (maraîchage, agriculture biologique), des circuits courts, et par la limitation du recours à l'import et des transports de marchandises dans le respect des enjeux environnementaux. - Favoriser le bio dans les cantines scolaires et les restaurants administratifs, c'est s'inscrire en cohérence avec le projet de Schéma Directeur Région d'Ile de France (SDRIF), approuvé par la Ville lors de sa séance de juillet dernier et qui a pour ambition d'engager notre région dans la voie du développement durable et de renforcer les solidarités territoriales. A cette occasion, le groupe socialiste et radical de gauche s'était félicité de la reconnaissance de la place spécifique du cur de l'agglomération (Paris et Petite Couronne en gros), mieux à même de relever les défis du logement et de la mobilité notamment. Néanmoins, le développement durable de Paris ne saurait se concevoir sans liens resserrés avec la grande couronne. Dans ce cadre, l'agriculture francilienne doit faire l'objet d'une attention toute particulière. Alors que l'Ile-de-France importe près de 80 % de sa consommation alimentaire et exporte la majeure partie de sa production agricole, il convient en effet d'organiser l'émergence d'une agriculture de proximité, pour faciliter les circuits des circuits d'approvisionnement courts, et d'encourager les pratiques d'agriculture biologique. C'est justement l'un des axes de développement pour les espaces agricoles préconisé par le SDRIF que de promouvoir une agriculture durable en Ile-de-France. La France est d'ailleurs en retard puisque l'agriculture bio ne représente que 1,87 % de sa surface agricole contre 3,5 % en Europe. Recourir à des produits biologiques et à des produits de proximité, c'est mieux insérer Paris dans son environnement et ainsi renforcer les solidarités territoriales avec la région. |

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