
Interventions - 2005Séance du 31 janvier 2005 Intervention de Claude
DARGENT, Plan local d'urbanisme (PLU)
Organiser le développement urbain à l'horizon de dix
ou quinze ans, comme nous nous y essayons aujourd'hui, implique de se
préoccuper des déplacements. - Du développement économique et de l'aménagement
de l'espace La maîtrise de la circulation automobile est d'ailleurs fixée
par la loi SRU comme un des objectifs qui doivent être désormais
privilégiés. On s'en souvient, l'opposition municipale s'est immédiatement déchaînée contre cette priorité de l'action de la nouvelle majorité. Il faut rappeler ici combien les Parisiens lui ont infligé un cruel démenti : 82% d'entre eux approuvent la politique de réduction de la circulation automobile dans Paris au vu du dépouillement du questionnaire adressé en prévision de l'élaboration du nouveau PLU. Mais lorsqu'on fait un questionnaire, il faut tenir compte de ces résultats. Or, une des seules questions sur lesquelles les Parisiens ont marqué une réserve par rapport aux orientations du PLU initialement proposé est celle du stationnement : 53% se sont déclarés plutôt en défaveur des nouvelles orientations prévues à l'époque (contre 45% qui se sont dits favorables). On le voit, les parisiens sont en fait très partagés sur cette question. Contrastant avec l'approbation massive dont la presque totalité des autres mesures envisagées ont fait l'objet lors de cette consultation, cette réserve montre toutefois la sensibilité de nos concitoyens à ce sujet. C'est donc à cette question du stationnement, centrale en matière
de déplacement et donc d'urbanisme, que je souhaite consacrer
cette intervention, au nom du groupe socialiste et radical de gauche, Or, il est apparu que c'est l'abaissement de cette norme qui a motivé
la réserve des Parisiens dans la consultation. Il était
envisagé en effet de n'imposer qu'une place de stationnement
pour deux logements neufs construits. Ce plancher fixé par l'ancien POS était donc de toute évidence excessif. La volonté, portée par la nouvelle municipalité, de promouvoir d'autres modes de déplacement, conduit donc logiquement à abaisser cette norme. Néanmoins pour tenir compte de la réserve exprimée par les Parisiens à l'occasion de la consultation, le seuil a été relevé : il nous est proposé de le fixer en fait à une place pour 100m2 de surface d'habitation. Ainsi, les appartements dits familiaux seront sûrs de pouvoir bénéficier d'une place de stationnement dans l'immeuble ; en revanche, il était absurde de prévoir systématiquement la même obligation pour un studio. Le plancher reste donc limité à une demi-place environ pour un appartement de 50m2. Le groupe socialiste et radical de gauche approuve cette évolution. Il n'est question en effet pour nous que de lutter contre la pollution, évidemment pas contre les automobilistes, comme la droite voudrait le faire croire. Il ne s'agit pas d'empêcher les Parisiens d'avoir une voiture mais d'offrir les moyens permettant à tous - Parisiens et Franciliens - de l'utiliser le moins souvent possible. Or, si certaines professions y sont contraintes, il est possible pour certains automobilistes de se déplacer autrement. La baisse de 11% de la circulation automobile dans Paris depuis 2001, sans mesure contraignante comme celles qui ont pu être instaurées ailleurs, par exemple à Londres, en fait foi. Dans ce cadre, le stationnement résidentiel, loin d'être un ennemi, est au contraire un allié de la lutte contre la pollution. C'est d'ailleurs pourquoi figurait dans nos engagements, dès le premier tour de l'élection municipale, l'abaissement considérable du prix du stationnement résidentiel, de l'ordre de 80%, que nous avons immédiatement réalisé. Nous avions en effet constaté que certains Parisiens se trouvaient contraints d'utiliser leur automobile pour aller travailler, afin d'avoir à éviter le coûts du stationnement de leur véhicule immobilisé près de chez eux. Dans cet esprit, le groupe socialiste et radical de gauche formule un vu : qu'au-delà de l'assouplissement déjà proposé sur les normes de stationnement des constructions neuves, il soit instauré une modulation de cette norme selon les quartiers. Globalement, le nombre de places réalisées restera le même. Mais il convient de l'élever dans les quartiers d'habitats anciens où les places sont rares, tandis qu'il est souhaitable de l'abaisser dans les quartiers surcapacitaires en matière de places de stationnement. En revanche, le groupe socialiste et radical de gauche se félicite qu'aucune obligation n'ait été prévue pour les bureaux, commerces et grands équipements. Obliger à construire des places de parking pour ces activités constitue autant d'incitations à utiliser son véhicule pour venir travailler une pratique que la lutte contre la pollution amène toutes les grandes métropoles européennes, de gauche comme de droite, à décourager aujourd'hui. Regrettons à cet égard que l'absence dans l'actuel plan de déplacements urbains de la Région d'Ile de France de zones de restrictions prévues par le code de l'urbanisme empêche de fixer des normes maximales dans ce domaine, comme cela pourrait parfois être souhaitable. Mais si les Parisiens et les Franciliens acceptent largement de ne pas prendre leur voiture, encore faut-il leur en donner les moyens. Le complément naturel de ces mesures est une politique ambitieuse de développement de l'offre de transports en commun. La nouvelle majorité municipale l'a déjà engagée, et le transfert prochain des responsabilités du STIF de l'Etat aux collectivités territoriales va permettre d'accélérer ces évolutions. Les résultats annoncés par la RATP pour 2004 sont à
ce titre très encourageants et doivent inciter à poursuivre
les efforts entrepris depuis maintenant plus de 3 ans. Contrairement
aux chiffres partiels, volontiers colportés par l'opposition
et marqués par les effets des grèves du printemps, il
apparaît que, globalement : Pour le groupe socialiste, Il faut donc continuer à favoriser
le stationnement résidentiel - L'instauration de tarifs préférentiels dans les parcs publics de stationnement : au fur et à mesure du renouvellement des contrats avec les entreprises qui exploitent les parcs pour le compte de la municipalité, des tarifs préférentiels sont attribués aux résidents : aujourd'hui 40 des 143 parcs publics accordent des réductions de 20 à 30% pour les résidents, de 50% pour les petits véhicules de moins de trois mètres. - La mise à l'étude d'une formule parking "petits rouleurs" : 10 à 15% des voitures sortent moins d'une fois par mois des parkings selon une étude réalisée par les services. L'idée est de proposer à ces "petits rouleurs" (ceux qui n'utilisent leur voiture que pour les vacances par exemple) des tarifs très compétitifs dans les parkings sous-utilisés - comme celui du stade Charléty par exemple. - Le lancement d'une étude sur les places vacantes dans les parcs des bailleurs sociaux : 23.000 places se révèlent vacantes. 65 % de ces places se trouvent dans les 13ème, 19ème et 20ème arrondissements, à savoir les arrondissements au plus grand nombre d'immeubles de bailleurs sociaux. Il faut imaginer les mesures permettant de remettre ces places sur le marché Toutes ces mesures sont très positives. Pour qu'elles produisent
leur plein effet, le groupe socialiste et radical de gauche souligne
néanmoins qu'il faut éviter au maximum la suppression
de places en surface. Les indispensables aménagements de voirie
en occasionnent parfois. Dans ce cas, surtout dans les quartiers où
la situation est très tendue, il faudra s'efforcer de trouver
des compensations. |

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