Interventions - 2004
Séance du 13 décembre 2004
Intervention de Colombe
BROSSEL,
Vice-présidente du groupe socialiste et radical de gauche au
Conseil de Paris
Budget 2005
Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s Collègues,
Ce budget place la solidarité au premier rang des priorités,
en se donnant les moyens de soutenir tous les Parisiens en situation
de fragilité. L'accompagnement social est indissociable de l'accompagnement
vers l'emploi : lutter contre le chômage, redonner aux demandeurs
d'emploi les moyens d'accéder à un emploi durable et stable,
c'est en effet le seul moyen de sortir réellement de la précarité.
C'est pourquoi la municipalité a entrepris depuis 2001 une politique
dynamique de soutien à l'insertion par l'activité économique
et au développement économique créateur d'emplois.
Cette politique a des traductions immédiates sur l'ensemble du
territoire parisien, car la grande force des actions qui ont été
menées c'est justement de veiller à un développement
économique sur l'ensemble des territoires, en veillant à
ne laisser aucun quartier à l'écart de l'activité
économique.
Le contexte économique et politique dans lequel est élaboré
ce budget n'est, il faut le souligner, pas anodin.
Malgré les discours incantatoires du Premier Ministre, la croissance
n'est toujours pas de retour, et la situation de l'emploi continue à
se dégrader. Paris connaît à ce titre une situation
un peu paradoxale, puisque, si le taux de chômage y demeure, à
plus de 11%, supérieur à la moyenne nationale, la tendance
semble être à la baisse depuis un an ; nous nous réjouissons
de ces résultats encourageants, mais nous savons que la situation
reste fragile.
Par ailleurs, les mesures du gouvernement modifiant les règles
d'indemnisation du chômage, menaçant le régime des
intermittents du spectacle, supprimant de nombreux dispositifs d'insertion
des jeunes en difficulté (programme TRACE, bourse d'accès
à l'emploi, et bien sûr emplois jeunes), ces mesures fragilisent
nos concitoyens. Cette politique-là ne va pas dans le bon sens,
et les Français en pâtissent.
Nous constatons ainsi à Paris l'augmentation très sensible
du nombre des bénéficiaires des minima sociaux : le nombre
d'allocataires du RMI a augmenté de 10% cette année.
La réduction des allocations - chômage tend ainsi à
pousser les demandeurs d'emploi plus rapidement hors des circuits ANPE
d'aide au retour à l'emploi, et dès lors, les mesures
d'aides à l'insertion professionnelle de la Ville prennent une
fonction cruciale.
Le Plan départemental pour l'Insertion a déjà permis
5.000 retours à l'emploi en 2004 ; avec 21% de crédits
en plus. L'objectif est de monter à 5.800 retours à l'emploi
en 2005. La mise en place d'un Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi
de Paris dans les 18ème et 19ème arrondissements devrait
soutenir cet effort de retours à l'emploi.
Les structures en charge d'accompagner vers l'insertion professionnelle
les demandeurs d'emploi, jeunes ou adultes, Rmistes ou non, seront développées,
accompagnées : un nouvel espace insertion ouvrira en 2005, les
Missions Locales et les Maisons du Développement Economique et
de l'Emploi sont renforcées dans leurs missions, les associations
qui travaillent dans ce domaine voient leurs subventions augmenter de
11 %.
Le Forum Paris pour l'Emploi et les forums d'arrondissement qui se multiplient
sur ce modèle sont devenus des outils essentiels pour faciliter
la rencontre entre les besoins économiques et les demandeurs
d'emploi. Le succès qu'ils rencontrent montre la pertinence de
cette initiative de la municipalité. Ils démontrent également
l'utilité d'un partenariat fort avec le Service Public de l'Emploi.
La Ville s'engage également dan,s la création d'emploi
par des mesures volontaristes, comme l'illustre la décision de
la municipalité de participer à la création de
300 emplois-tremplins aux côtés de la Région. Ces
emplois contribueront au développement de secteurs prioritaires
comme la politique de la Ville ou l'action sociale, et seront destinés
aux publics qui se trouvent souvent en difficultés pour accéder
à l'emploi (jeunes, demandeurs d'emplois de plus de 45 ans, et
personnes handicapées).
Pour donner à une économie locale les moyens de se développer,
il faut lui offrir un environnement propice. Or, certains quartiers
cumulent les difficultés économiques, avec des difficultés
sociales, un cadre de vie dégradé, une présence
insuffisante des services publics, l' enclavement et les nuisances environnementales.
S'attaquer à ces fortes inégalités sociales et
territoriales est un engagement fort de la nouvelle municipalité.
Promouvoir la mixité sociale implique une action spécifique
et des moyens renforcés pour le développement de quartiers
défavorisés. Aussi, depuis 2001, un effort de rattrapage
est fait au bénéfice des leurs habitants.
Au budget 2005, 161M d'euros sont prévus pour les quartiers dits
"politique de la Ville", ce qui représente une progression
de plus 10% des crédits. Pour mesurer les moyens réels
qui sont mis au service de cette ambition, il faudrait ajouter certaines
interventions qui concernent également ces quartiers, bien qu'elles
ne puissent pas être territorialisées, comme l'action dans
le domaine de l'habitat ancien, de l'emploi ou du développement
économique.
2005 sera l'année de la mise en uvre du Grand Projet de
Renouvellement Urbain (GPRU), qui vise à transformer en profondeur
11 quartiers de la couronne parisienne et améliorer ainsi sensiblement
la qualité de vie des habitants. A ce titre par exemple 1.500
nouveaux logements sociaux seront créés et 10.000 autres
seront rénovés. L'installation de locaux associatifs,
d'activité économique et commerciales, ainsi que d'équipements
de santé sera favorisée dans le cadre de la requalification
des pieds d'immeubles. Un troisième Point d'Accès au Droit
ouvrira ses portes en 2005, dans le 20e, après ceux déjà
implantés dans les 18ème et 19ème arrondissements.
Enfin les opérations de Gestion Urbaine de Proximité,
qui ont déjà permis de nombreuses avancées concrètes
dans le quartier Saint-Blaise (20ème) par exemple, seront renforcées
en 2005.
Dans les quartiers politique de la ville, en raison notamment des populations
qui y habitent et de la faiblesse de l'offre de services publics, les
structures sociales et à leurs côtés les associations
jouent un rôle tout à fait fondamental.
Pour sa part, la Ville a multiplié par trois le montant des subventions
aux associations depuis 2001. En 2005 encore, ces crédits augmenteront
de près de 17%, pour atteindre plus de 3,5M d'euros.
Mais l'Etat, lui, se désengage. Lorsque l'Etat se désengage
de son soutien aux associations, il affaiblit considérablement
les moyens d'action dans ces quartiers déjà en difficulté,
avec des conséquences souvent dramatiques. Ce désengagement
se traduit de manière très concrète : c'est la
suppression de la prise en charge à 80% des CEC et la réduction
drastique du nombre de CES, c'est bien sûr la disparition des
emplois jeunes, c'est la baisse des crédits du FASILD, c'est
enfin la baisse des crédits de lutte contre les exclusions. Pour
mémoire, les crédits alloués aux associations qui
travaillent dans les quartiers difficiles à Paris par le Ministère
de la Cohésion Sociale (!) ont diminué de 45 % l'année
dernière.
Les quartiers ont besoin des associations, en tant qu'outils de développement,
de cohésion sociale, mais également comme tremplin et
comme employeurs. Mettre financièrement en danger les associations
comme le gouvernement le fait, c'est les empêcher de remplir tous
ces rôles là.
C'est pourquoi le groupe Socialiste et Radical de Gauche est solidaire
des collectifs associatifs qui se sont montés, a déposé
un vu en ce sens. Nous avons besoin d'une Ville plus juste et
plus solidaire et nous voyons tous les jours que nous ne pourrons le
faire que dans le partenariat avec l'ensemble de la société
mobilisée.
Je termine mon propos en vous apportant bien entendu pour toutes les
raisons évoquées ci dessus le soutien du groupe Socialiste
et Radical de Gauche, qui votera avec enthousiasme ce budget qui permet
la participation de tous les Parisiens à la vie de leur ville,
à la vie dans leur ville, c'est à dire un vrai budget
d'avenir.
|