Groupe socialiste et radical de gauche

CONSEIL DE PARIS

 

 

Interventions - 2003

 

Séance du 24 février 2003

Intervention de Colombe BROSSEL,
Vice-présidente du groupe socialiste et radical de gauche au Conseil de Paris

Communication sur la jeunesse



Monsieur le Maire,
mes chers collègues,

La communication sur la Jeunesse qui nous est proposée aujourd'hui au débat du Conseil de Paris est une première au sein de notre instance. Et ce simple fait n'est pas anodin. Les jeunes aspirent à l'autonomie, à être libres de leurs choix, dans un monde complexe, fait de changements et d'évolutions, en vue de leur accomplissement. Et ces jeunes aujourd'hui ont bien du mal à être considérés, comme tous les autres Parisiens, comme des acteurs à part entière de notre Ville.

Cette communication et la politique globale qui nous est proposée, permettent d'acter le principe, pour l'exécutif parisien, d'une rupture franche avec le passé. Rupture avec une vision trop simpliste qui nous a été offerte jusqu'à présent - par la Droite parisienne - , du jeune Parisien considéré comme un simple consommateur de loisirs et de produits de consommation courante n'ayant pas son mot à dire sur ce qui se passe dans sa Cité.

Nous revendiquons aujourd'hui le fait de faire confiance à la jeunesse parisienne, à sa richesse, à sa diversité, à sa dynamique, à son désir d'être plus informée, plus associée et partie prenante des décisions. Nous souhaitons au delà faire appel à son sens de la création, de l'imagination, à sa solidarité et à sa volonté d'agir pour vivre pleinement une citoyenneté enfin reconnue pour un Paris plus proche de ses habitants.

Les enjeux sont nombreux et la tâche est immense, tant la non-prise en considération a été flagrante les années passées, pour répondre aux besoins d'une jeunesse parisienne, homogène dans ses aspirations principales, mais hétérogène quant à ses conditions d'existence.
Accéder à un logement autonome est aujourd'hui une mission quasi impossible pour une grande majorité d'entre eux. La plupart reste donc au domicile familial par défaut. L'action entamée tant par Jean Yves Mano que par David Assouline en faveur du logement étudiant, de même que celle de Gisèle Stievenard en faveur de l'aide aux logement des jeunes les plus défavorisés, sont des réponses pertinentes.
Permettre aux jeunes Parisiens de pouvoir s'insérer sur le marché du travail est aussi une de nos priorités. Nous le voyons depuis un certain temps, le chômage augmente à Paris et en particulier chez les 18-25 ans. L'accès à l'emploi passe par le renforcement des structures qui permettent une meilleure orientation et une aide plus efficace à la recherche d'un emploi. Nous ne pouvons nous satisfaire de constater que des milliers de jeunes Parisiens se retrouvent dans une spirale de précarité économique et sociale, avec l'accumulation de petits boulots mal payés et sans avenir.
La solidarité de la Ville de Paris doit s'affirmer pleinement pour être aux côtés des jeunes Parisiens les plus exclus qui, en raison des aléas de la vie, se retrouvent en grande difficulté. C'est pourquoi, nous nous sommes donnés les moyens d'accompagner les jeunes les plus en difficulté vers les chemins de l'insertion et/ou de la réinsertion avec le renforcement des missions locales.
Les dispositifs que nous avons mis en place en direction des jeunes Parisiens comme les Conseils de la Jeunesse doivent nous donner la capacité de fédérer l'ensemble des acteurs qui interviennent dans la jeunesse et de pouvoir mailler les réseaux existants.

Mais agir pour une politique volontariste pour intégrer les jeunes Parisiens dans leur Ville, c'est aussi souligner les difficultés croissantes que nous subissons depuis qu'une nouvelle majorité parlementaire s'est mise en place. Entre la disparition programmée des emplois-jeunes et la suppression de la Bourse d'accès à l'emploi, c'est la politique du "toujours moins" que le Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin nous impose.
C'est encore et toujours la politique des baisses d'impôts et de la réduction des coûts du travail comme solutions miracles au chômage des jeunes.
C'est une fois de plus la défiance et la stigmatisation de la jeunesse, ou au moins d'une partie de la jeunesse, la plus fragile bien sûr, qui est à l'œuvre.
Et à toutes ces orientations, nous nous devons de répondre par un politique d'autant plus volontariste et affirmée de confiance et de prise en considération des aspirations de la jeunesse aujourd'hui. Car, je vous le rappelle avoir confiance en la jeunesse, c'est avoir confiance en son propre avenir.

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