Groupe socialiste et radical de gauche

CONSEIL DE PARIS

 

 

Interventions - 2002

 

Séance du 28 octobre 2002

Intervention de Colombe BROSSEL,
Vice-présidente du groupe socialiste et radical de gauche au Conseil de Paris

Communication relative à la rentrée scolaire
et universitaire 2002



Monsieur le Maire,
mes chers collègues

Ce n'est pas la première fois que je m'exprime dans cette assemblée sur les questions scolaires et universitaires, sur la jeunesse, mais c'est la première fois que je le fais dans un état d'esprit ambivalent.
Je suis en effet partagée entre d'une part une satisfaction sincère devant les réalisations de l'équipe municipale en la matière et que je vais rapidement développer. D'autre part une réelle inquiétude face à ceux qui - au gouvernement - à coups de réformes idéologiques dictées par la crainte de la jeunesse, une fois de plus, mettent en péril ces avancées en faveur de l'avenir de notre pays, sa jeunesse. Je pense bien entendu au projet de loi déposée la semaine dernière par le Ministre de l'Intérieur.

Cette année encore, la municipalité a consacré des moyens importants à humaniser collèges et lycées et à rattraper le retard en équipement que connaissent certains arrondissements
A la croissance des effectifs des collégiens, la Ville répond concrètement par l'ouverture de 2 nouveaux collèges dès cette rentrée : le collège de la place Hébert et le collège Thomas Mann de la ZAC Paris Rive Gauche.
2 autres collèges sont en construction ou extension, dans le 19ème et le 14ème. Enfin, 3 nouveaux collèges seront créés d'ici 2006, dans le 20ème, au nord-est, et à l'ouest. Ainsi, notre engagement de créer 6 nouveaux collèges au cours de la mandature sera réalisé, de sorte, entre autres, à limiter les effectifs des collèges à 600 élèves, en particulier dans les secteurs sensibles.

Parallèlement à ces nouveaux établissements, des travaux importants de restructuration ont été entamés, dans les collèges mais également dans les lycées dépendants de la Ville. Les opérations lourdes de sécurisation des locaux et d'aménagement des lieux de restauration collective ont été entreprises. De plus, les lieux spécifiquement dédiés à la vie scolaire, par exemple les foyers pour les élèves, les espaces santé ou encore les centres de documentation ont été privilégiés dans ces opérations.

Les mêmes engagements en matière de création ou d'extension de nouveaux équipements et de sécurisation des bâtiments ont été pris en faveur de l'accueil des étudiants.
Le fait que les étudiants sont des citoyens à part entière, et à ce titre sont partie prenante de la vie de notre cité a enfin été pris en compte comme le démontrent l'ensemble des initiatives prises en faveur de la vie étudiante.

De tout ceci, je ne peux que me féliciter car j'ai le sentiment que c'est ainsi qu'il faut préparer l'avenir. Cet engagement est à mon sens à mettre en parallèle avec ceux pris par la Région Ile de France sur les lycées notamment en matière de lutte contre la violence. Cependant, tous ces efforts risquent d'être mis à bas par les décisions gouvernementales prises et contre lesquelles l'ensemble de la communauté scolaire s'est mobilisé le 17 octobre dernier.
Quelle belle ambition de vouloir revenir à des collèges de 600 élèves maximum. Des collèges à taille humaine, qui permettent de la régulation dans les établissements, de faire retomber les tensions, et d'avoir des collèges à taille et visage humains.
Mais quand en parallèle, on sait que vont être supprimés 5.600 postes de surveillants dans les collèges et lycées et qu'est programmée la disparition des 25.000 aides-éducateurs, alors, il est légitime de s'inquiéter pour la vie dans les établissements scolaires.
Ce choix va priver des milliers d'étudiants de condition modeste des moyens de poursuivre leurs études grâce au "pionicat", de même qu'il va priver des millions d'élèves de l'encadrement dont ils ont besoin, une fois sortis de la salle de classe.

Le budget de l'Education Nationale fait donc l'impasse sur les besoins en recrutements et leur programmation, alors que les départs en retraite s'annoncent massifs et que près de la moitié des enseignants devraient être remplacés d'ici 2010. L'aveuglement gouvernemental est non seulement une erreur, mais il est criminel pour la jeunesse d'aujourd'hui et de demain.

De même en matière de recherche et de développement technologique qui nécessitent des visions et des stratégies à long terme, le gouvernement abandonne le plan décennal mis en place précédemment, réduit les crédits publics de la recherche, diminue (de 150 postes) le nombre d'emplois ouverts dans les établissements de recherche, et au lieu des 1.000 emplois d'enseignants chercheurs initialement programmés dans l'enseignement supérieur, il n'en budgétise que 420.

En conclusion, je citerai cette phrase célèbre de Victor Hugo qu'on a beaucoup cité ces derniers temps "Quand on ouvre une école, on ferme une prison". Le gouvernement a manifestement choisi l'option inverse, de criminalisation de la jeunesse et des plus démunis. Je souhaite que notre municipalité continue, elle, à être exemplaire en matière de prévention et de préparation de l'avenir pour tous.

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