Interventions - 2002
Séance des 8 et 9 juillet 2002
Intervention de Patrick
BLOCHE,
Président du groupe socialiste et radical de gauche au Conseil
de Paris
Budget modificatif
Monsieur le Maire,
mes chers collègues,
Le budget modificatif qui nous est présenté illustre la
volonté de la majorité municipale de mettre en uvre,
de manière soutenue, les objectifs prioritaires qu'elle s'est
fixés en début de mandature. C'est un budget au service
des Parisiennes et des Parisiens, en constante adaptation, afin de répondre
au plus près à leurs besoins. Il met ainsi l'accent sur
les investissements humains, matériels ou d'équipements
pour une solidarité renouvelée et un service public de
proximité qui soit, avant tout, un service au public. Est ainsi
progressivement rattrapé, même s'il y faudra le temps d'une
mandature, le retard d'investissement dans de nombreux secteurs dont
ceux de la petite enfance, des transports en commun ou encore du logement
social.
Félicitons-nous donc de l'augmentation de 50%, en deux ans, des
crédits mobilisés à cet effet.
Le présent budget modificatif atteint donc 264 millions d'euros
dont 75% sont constitués par des reports de l'exercice 2001.
Il s'inscrit dans le respect de l'engagement pris, sur la mandature,
de stabilité des taux d'imposition. Parallèlement à
cet engagement qui garantit aux Parisiens une évolution prévisible
de la pression fiscale, des marges de manuvre ont pu être
dégagées par la gestion active d'une trésorerie
anciennement dormante, par une réduction des frais financiers
de la dette et par des économies sur les dépenses.
Dès lors, doit-on accorder une réelle attention à
l'amendement déposé par trois groupes de l'opposition
municipale visant à réduire uniformément les taux
des impôts locaux de 5% ? Quel autre lien identifier entre cette
mesure nationale qui, rappelons-le ici, accroît les inégalités
sociales, et sa greffe sur Paris, si ce n'est une volonté de
clonage politique totalement artificielle, un effet d'annonce que ne
nourrit aucune réflexion de fond sur une réforme de la
fiscalité locale pourtant nécessaire et qui fait fi, avec
beaucoup de légèreté, des besoins exprimés
par les Parisiens eux-mêmes. La meilleure preuve en est que l'amendement
en question revendique des économies sur les seules dépenses
de fonctionnement comme si les nouveaux équipements ne nécessitaient
aucun personnel pour les entretenir et les faire fonctionner. Ainsi,
à quoi bon construire des crèches sans y affecter nécessairement
des auxiliaires de puériculture ?
De la même façon, réduire les recettes porterait
un coup évident au partenariat entre la Ville et la Préfecture
de police dans le domaine de la sécurité. Alors que les
dernières statistiques montrent - par une baisse sensible de
la délinquance à Paris - que cette co-production porte
ses premiers fruits, au moment même où vous avez souhaité,
Monsieur le Maire, porter à 14,4 millions d'euros au lieu des
12 prévus, les crédits supplémentaires affectés
à la Préfecture de police, la "raffarinade"
de l'opposition municipale montre ses évidentes limites. Que
de contradictions, quel manque de cohérence dans l'annonce que
vient de nous faire Monsieur Goasguen, orateur unique, comme il y a
un parti unique, d'une abstention de l'opposition lors du vote de cette
subvention à la Préfecture de police qui, rappelons-le,
augmente de 17% entre 2001 et 2002.
D'autres choix budgétaires tout aussi significatifs traduisent
le changement à l'uvre à Paris. Qu'il s'agisse des
crédits très importants consacrés à la mise
en uvre de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA)
ou des subventions au logement social, pour ce qui concerne le domaine
prioritaire de la solidarité.
Qu'il s'agisse, par ailleurs, de l'effort renforcé en faveur
de la petite enfance ou des moyens mobilisés pour le péri-scolaire
auquel, nous le savons, vous accordez, Monsieur le Maire, une importance
toute particulière.
Remunicipalisation de la collecte des ordures ménagères
dans le XIXème arrondissement, majoration des crédits
en faveur des transports en commun, amélioration de l'éclairage
public, création de 460 emplois nouveaux, politique municipale
refondée dans le domaine du cinéma, opération Paris-plage,
: la liste des mesures nouvelles est longue et mes collègues
du groupe socialiste et radical de gauche qui interviendront ce matin,
Annick Lepetit, Jérôme Coumet et Jacques Bravo, auront
l'occasion d'y revenir.
Un dernier mot avant de conclure, Monsieur le Maire, pour évoquer
le contexte politique nouveau né des élections présidentielle
et législatives. La droite a désormais les pleins pouvoirs
au plan national. Il est à espérer que les orientations
du nouveau gouvernement ne se traduiront pas par un désengagement
de l'Etat à Paris. Il y a, en effet, un domaine où nous
nourrissons déjà quelque inquiétude, je veux parler
du secteur culturel. Le nouveau ministre a, en effet, annoncé
- la semaine dernière - la remise en cause probable d'un certain
nombre de grands chantiers culturels prévus dans la Capitale,
appelant même - dans le cas précis de la salle symphonique
de La Villette - la Région et la Ville de Paris (je le cite)
"à prendre leurs responsabilités" en assumant
une part des financements. Autant vous dire, Monsieur le Maire, que
le groupe socialiste et radical de gauche ne manifeste d'ores et déjà
guère d'enthousiasme à ce que la Ville s'engage dans une
telle perspective budgétairement lourde et culturellement incertaine.
Notre crainte plus globale est qu'à l'avenir, dans bien des domaines,
des acteurs délaissés par l'Etat se tournent automatiquement,
par réflexe en quelque sorte, vers la Ville. Nous comptons donc
sur vous, Monsieur le Maire, pour garder le cap qui est avant tout celui
de tenir, sur la durée de la mandature, les engagement pris devant
les Parisiennes et les Parisiens en mars 2001. A l'exemple de ce budget
modificatif que nous voterons avec une réelle satisfaction.
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